Les casquettes du trader complet

Les casquettes du trader complet

Un trader n’est pas seulement trader, il a bien d’autres casquettes à porter pour pleinement maîtriser son métier. Les voici !

L’analyste

Repérer les meilleures opportunités est la première tâche du spéculateur. C’est en étant sélectif qu’il pourra mettre les chances de son côté et ainsi prospérer sur les marchés.

En effet prendre des setups techniques ne suffit absolument pas et les backtests le prouvent. Les stratégies d’analyse technique populaire qui fonctionnaient à l’époque ne rapportent plus rien sur le long terme, beaucoup sont même perdantes. Cela ne veut pas dire qu’elles sont inutiles mais il est évident qu’elles ne suffisent plus.

L’analyse performante consiste à filtrer les signaux pour ne prendre que les meilleurs. Le technicien va par exemple chercher des convergences via une étude multi-timeframe des prix et des volumes. Le fondamentaliste doit, lui, s’assurer de sélectionner les meilleurs valeurs. Celles dont la valeur actuelle est fortement décotée par rapport à la valeur intrinsèque pour une approche value ou alors les entreprises les plus prospères lui assurant alors des revenus réguliers avec peu de risque. Enfin l’arbitragiste devra sélectionner les actifs dont il est sûr qu’il pourra se défaire au prix voulu le moment voulu.

 

Le stratégiste

Une fois les actifs les plus intéressants identifiés et les analyses faites, le trader assidu doit préparer l’action. Le rôle du stratégiste est primordial car il doit planifier les actions que le trader devra entreprendre dès l’ouverture de la position jusque sa fermeture. A noter qu’un trade ne se gère pas de manière passive, il faut être réactif à l’évolution du marché.

Le stratège possède un éventail de stratégies d’entrée (setups) dans lequel il sait piocher en fonction des conditions de marché précédemment analysées. Le premier travail du stratégiste consiste donc à dresser un plan qui indiquera au trader sous quelles conditions il pourra initier une position. Il devra de plus décider du placement d’un stop de protection optimal.

Son second job est de s’adapter aux conditions changeantes du marché pour communiquer au trader les prochaines actions qu’il devra réaliser une fois le trade initié. La gestion de la position consiste alors a gérer dynamiquement le stop loss, décider s’il faut ou non renforcer la position et enfin à clôturer la position.

 

Le trader

On pourrait penser que le rôle de trader n’a plus beaucoup d’intérêt après que tout lui soit précisé dans les moindres détails. Et pourtant il est essentiel ! Sa mission est d’exécuter les ordres de la manière la plus optimale possible.

Prenons un exemple pour illustrer l’importance de cette tâche. Certains traders professionnels ayant pour mission de gérer des fonds importants utilisent des stratégies d’arbitrage multi-asset, le but étant de minimiser la volatilité du portefeuille et donc son risque. En effet il est difficile de placer des sommes très importantes sur des portefeuilles volatiles. Si vous avez 1 milliard à placer, souhaiteriez-vous voir 20% de drawdown dessus (200 millions de pertes). Non, la plupart préfèrent alors la sécurité : des petites performances régulières et peu risquées.

Certaines stratégies d’arbitrage cherchent à réaliser des plus-values de quelques dixièmes voire centièmes de % pour une probabilité très élevée . L’objectif est alors de répéter ce type d’opérations un grand nombre de fois. Ces stratégies sont définies quantitativement et la détection d’opportunité peut ainsi être totalement automatisée. Cependant les montants traités étant très importants, le trader doit exécuter les trades sur le marché OTC (à un sales d’une autre banque par exemple, c’est pourquoi ils utilisent encore le téléphone). Sa mission est de trouver une contrepartie au prix souhaité pour le volume souhaité. Cette étape devra être répétée pour sortir de position et c’est là que tout se joue. Le prix de sortie doit être respecté à très peu de choses près pour que le trade soit profitable.

Cet exemple est un peu extrême puisque le trader directionnel a droit à un peu plus de marge d’erreur que l’arbitragiste. Cependant le timing peut faire la différence sur vos résultats de trading à long terme et différencier le bon trader de l’excellent trader ou encore le trader médiocre du trader perdant. Certains l’ont bien compris et se munissent des meilleurs outils pour parvenir à l’excellence. Ces outils peuvent être par exemple un carnet d’ordre affichant la profondeur de marché ou même un courtier.

 

Le gérant

Vous avez sûrement déjà entendu l’expression ‘ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier’. Elle s’applique très bien au trading et désigne tout particulièrement la gestion du risque.

Les marchés ne sont pas du tout rationnels et peuvent à tout moment décaler fortement contre nous. Sachant cela il y a plusieurs choses que nous ne voulons pas faire :

  • nous ne voulons pas tout miser sur un seul actif
  • nous ne voulons pas tout miser sur des actifs corrélés
  • nous ne voulons surtout pas perdre plus que nous ne possédons

Ainsi nous en déduisons les actions à entreprendre pour gérer au mieux notre risque :

  • ne pas risquer plus de (x)% de notre capital sur un trade
  • diversifier notre portefeuille
  • ne pas abuser du levier

Le gérant doit minimiser le risque !

En référence à la première règle il est important de noter qu’on peut définir risque par position (x) de deux façons différentes. Soit par rapport au nominal de la position (valeur achetée ou vendue) et par rapport au stop loss. Le définir par rapport au stop est intéressant car cela permet de donner un poids équivalent à chaque trade (1% de risque sur chacun par exemple). Mais le stop n’est que théorique car les marchés peuvent décaler bien au-delà avant que l’ordre stop ne soit exécuté. Ainsi il est important de prendre en compte risque du pire scénario, c’est à dire la perte maximale que nous pourrions avoir sur notre capital.

Notons deux relations importantes :

  • Plus le stop loss est serré plus le risque (x) en % doit être faible
  • Plus on diversifie le portefeuille plus on peut utiliser de levier (avec modération !)

 

Le psychologue

C’est récurrent aujourd’hui de mettre la psychologie en tête de liste quand on parle des compétences du trader. Il y a une raison à cela : le mental du trader est le support sur lequel il accroche toutes les autres casquettes. C’est le ciment entre les briques !

Les principaux fondements du mental d’un trader sont la discipline, la rigueur, la patience et le détachement. Le psychologue sait contrôler ses émotions d’une part en corrigeant ses fausses croyances et d’autre part en acceptant ses émotions. La discipline s’acquiert par la confiance en ses stratégies et ses compétences tandis que la rigueur se maintient par la passion.

C’est un bref résumé car il faudra bien plus qu’une sous partie d’article pour explorer ce sujet. Notez cependant que développer son mental en trading est une quête perpétuelle. La stratégie peut être optimisée au maximum mais il y aura toujours du potentiel d’amélioration de soi.

 

Coco

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :