L’essentiel pour mener une analyse graphique de qualité

L’essentiel pour mener une analyse graphique de qualité

L’analyse graphique (ou chartiste) consiste à déceler des configurations graphiques (chart patterns) qui se répètent dans le temps sur les prix d’un actif financier. C’est essentiellement un travail visuel.

L’analyse graphique est renforcée par le phénomène de prophétie auto-réalisatrice : quand le consensus croit en quelque chose alors même que ce n’est pas forcément vrai, il va par ses actions renforcer voire entraîner ce phénomène. Ainsi, si une grande partie des opérateurs pensent que l’action ABC, qui cote actuellement 25€, va se retourner à la hausse quand elle atteindra le prix de 20€, alors puisque beaucoup d’entre eux vont acheter à ce prix ils vont entraîner cette hausse.

Dans ce cours vous apprendrez à définir la tendance du marché, à identifier des niveaux clés sur lesquels le marché pourrait réagir et à repérer les patterns de continuation et de retournement.

Déterminer la tendance

 

Types de tendance

Tous les traders connaissent ce vieil adage qui dit que la tendance est votre alliée. L’effet momentum est une anomalie de marché exploitée depuis longtemps qui stipule que ce qui monte a tendance a plus de chances de continuer de monter car il faudrait beaucoup de force pour le faire descendre.

La tendance d’un marché peut soit être haussière, baissière ou neutre. Il existe différentes techniques pour l’identifier, ce qui signifie que tous les traders ne voient pas les même tendance. Il n’y a pas de science pour la définir, que des théories.

Certaines méthodes ne cherchent pas par exemple à identifier les tendances neutres, ainsi pendant une phase neutre le trader verra une succession de courtes tendances haussières et baissières. Un autre attribut des méthodes est la réactivité. Plus la méthode est réactive, plus vite elle décèlera la nouvelle tendance. Cependant cette méthode étant trop réactive, va nous donner beaucoup de faux signaux. A l’inverse, une méthode lente donnera peu de faux signaux mais elle sera toujours trop en retard. Il n’y a pas de méthode miracle, chacun doit trouver celle qui s’associe le mieux avec le reste de sa boite a outil de stratège.

 

Tendance haussière :

 

Tendance baissière :

 

Tendance neutre (ou marché sans tendance) :

 

Avec la Théorie de Dow

Charles Dow, né en 1851 et mort en 1902, est l’un des pères de l’analyse graphique en occident. Il a également créé le Wall Street Journal et a participé à l’apparition des indices Dow Jones, les premiers indices de valeurs (actions) de l’histoire.

Sa célèbre théorie ne se limite pas a l’analyse graphique des tendances mais c’est ce sur quoi nous nous pencherons dans ce cours.

Selon Charles Dow une tendance se défini ainsi :

  • tendance haussière : succession de points hauts de plus en plus hauts et de points bas de plus en plus hauts
  • tendance baissière succession de points bas de plus en plus bas et de points hauts de plus en plus bas

 

Tendance haussière, les sommets et les creux sont croissants

 

Tendance baissière, les sommets et les creux sont décroissants

 

Inversion de tendance, le dernier creux de la tendance haussière est cassé

 

Avec les lignes de tendance

Une ligne de tendance (trendline) est une ligne oblique reliant au minimum deux creux ou deux sommets d’une tendance. Certains traders se servent de ces obliques comme supports et résistances dynamique, cependant l’utilité première de ces obliques et de jauger le momentum (ou vélocité) de la tendance. Les anglais l’appellent d’ailleurs parfois ‘speedline’.

 

Lorsqu’une trendline est fortement cassée on peut d’attendre a un retournement de tendance.

Notez qu’il n’y a pas de méthode exact pour les tracer et que le marché ne dessinera pas toujours de belles tendances raccrochées à ces obliques. Au contraire, les tendances ont souvent une dynamique changeante, c’est-à-dire que la pente de la tendance peut changer plusieurs fois : accélération et décélération.

 

Avec les moyennes mobiles

Les moyennes mobiles (moving averages) sont des indicateurs techniques très utilisés parmi les traders. Elles se calculent sur un certain nombre de périodes (unités de temps). Par exemple si nous calculons une moyenne mobile à 20 périodes sur un graphique en journalier, elle retournera la moyenne de prix des 20 derniers jours. Différentes méthodes de calcul existent : arithmétique (aussi appelée moyenne mobile simple), exponentielle, etc. Nous vous invitons à tester les différentes moyennes mobiles afin de voir leur comportement.

Comme elles sont dessinées sur le graphique, il n’est pas nécessaire de connaitre leurs méthodes de calcul, nous n’allons donc pas vous les donner dans ce cours. Elles sont évidemment disponibles sur internet. Nous montrerons ici des moyennes mobiles arithmétiques (simples) qui sont les plus utilisées.

 

 

La ligne rouge est une moyenne mobile à 50 (MM50) périodes, la bleue est une MM20. Tout comme les lignes de tendance il n’y a pas de magie mais on peut tout de même voir des tendances se former au dessus et en dessous des ces MM. On peut aussi voir que les MM font parfois office de support ou résistance dynamique, c’est-à-dire que les prix rebondissent dessus.

De même, il n’y a pas vraiment de période qui fonctionne beaucoup mieux que d’autres. Toutefois, il y a des périodes plus utilisés que d’autres, ce qui crée un flux. Les utiliser donne donc un léger avantage. Ces périodes sont 7, 20, 50, 100 et 200.

 

Avec d’autres méthodes

Il existe d’autres indicateurs techniques qui sont utilisés pour définir la tendance comme ichimoku, le supertrend, la vwap, les pivots et bien d’autres.

Sur le long terme, avec la loi des grands nombres, il n’y a pas d’indicateur qui surperforme significativement les autres. De plus la tendance n’est qu’un outil parmi d’autres pour trader, donc chercher le Saint-Graal ne mènerait a rien.

Trouver la méthode qui vous convient le mieux et tenez vous à celle-ci.

 

Déterminer les niveaux clés

 

Supports et Résistances

Les support et résistances (S/R) sont des niveaux historiques sur lesquels les cours ont rebondi. Lorsqu’on arrive à nouveau autours de ceux-ci il y a généralement un rebond rapide ou un ralentissement. Il faudra un gros flux pour les casser.

On parle de support quand le niveau est plus bas que le prix. Une résistance se trouve au-dessus du prix.

 

 

 

Une fois cassés les supports (résistances) peuvent devenir résistances (supports).

 

Chiffres ronds

Les chiffres ronds sont souvent des niveaux psychologiques difficiles à passer. Il s’agit par exemple pour une action qui cote 46 des niveaux 40 et 50 et de manière plus significative les gros niveaux tels que 100, 200…

Voyez ici les réactions qu’il peut y avoir autour des chiffres ronds.

 

Fibonacci

Les ratios de fibonnaci (fibos) sont aussi largement utilisés sur les marchés. De deux manieres en particulier : pour mesurer des retracements d’amplitude et pour projeter des extensions d’amplitude.

Ces ratios sont calculés à partir de la suite de fibonacci. Cette suite se construit selon une regle simple : chaque valeur est la somme des deux précédentes. La voici :

1 2 3 5 8 13 21 34 55 89 144 233 377 …

A partir de cette suite nous allons diviser chaque nombre par le nombre suivant.

1/2=0.5 ; 2/3=0.666 ; 3/5=0.6 …… 144/233=0.618 ; 233/377=0.618

Au bout s’un moment chaque rapport retourne ce fameux ratio 0.618, désigné aujourd’hui comme le nombre d’or car comme la suite de fibonacci, on le retrouve souvent dans la nature. Cette vidéo ainsi que celle-ci illustre très bien cette théorie pour les curieux.

Comme ce nombre d’or se retrouve dans la nature, la théorie veut qu’on le retrouve également dans la psychologie humaine et donc sur les marchés financiers.

 

Les retracements de fibonacci (internal retracements)

Plusieurs ratios sont couramment utilisés lorsque l’on calcule ces retracements. Le plus important est le 61.8% évidemment. Le deuxieme intéressant est le 38.2% qui correspond au carré du nombre d’or mais également au résultat de (1-0.618). Le 23.6% qui correspond au calcul (0.618-0.382). Le 76.4% qui correspond au calcul (1-0.236). Enfin il n’est pas rare d’utiliser le 50% en complément, sans relation évidente à la suite de fibonacci.

Pour les tracer sur un graphique on relie simplement le point bas au point haut d’une vague (un mouvement) :

La longue baisse (flèche) a servi d’amplitude pour calculer les ratios de retracement.

Les prix sont remontés tester le ratio 38.2% avant de repartir à la baisse. Ce ratio à fait office de résistance.

Tous les logiciels d’analyse graphique possèdent un outil pour calculer ces ratios automatiquement. La seule chose à faire de relier le point bas au point haut dans le cas d’une vague haussière ou le point haut au point bas pour une vague baissière.

 

Les extensions de fibonnacci 

En réalisant le même procédé on peut ajouter des ratio qui dépasseront l’amplitude de la vague. Ces ratio sont utilisés pour projeter des objectifs de prix dans le cas ou le prix reprend sa tendance ou dans le cas ou il se retournerait.

 

 

Ces ratios peuvent se configurer dans les paramètres de la plateforme de l’analyse. On peut alors ajouter des ratios négatifs pour des objectifs de continuation de tendance et des ratios supérieurs à 1 pour des objectifs de retournements. Ci-dessus sont affichés les plus courants.

 

Les projections de fibonacci 

C’est un outil que j’utilise fréquemment car les extensions ne prennent pas en compte les retracements pour projeter des objectifs, ils fonctionnent donc moins souvent. J’aime les appeler APP (alternative price projection) car c’est le terme donné par Robert C. Miner, l’un des premiers traders actifs à les avoir dévoilés dans un livre.

C’est un peu le même principe que les extensions pour chercher des objectifs de continuation de tendance, sauf qu’on va projeter les ratios à partir du retracement.

 

 

Leur tracé se fait comme suit : on sélectionne le point 1 pour le relier au point 2 (comme pour un retracement) puis on rallie au point 3. Les ratios calculés à partir de l’amplitude de la vague 1-2 seront ainsi affichés avec pour base le point 3 plutôt que le point 1. Vous remarquez aussi qu’à part le ratio 0.618 les autres sont supérieurs ou égaux à 1 puisqu’il s’agit de projeter des objectifs de continuation de tendance.

Les APP sont parfois bluffants, notamment sur les indices d’après mon expérience. En effet quand une action ou un indice casse des plus hauts, il n’y a plus de résistances historiques à identifier pour définir des niveaux à surveiller pour prendre des bénéfices ou envisager une correction. Cependant les APP peuvent donner des objectifs. Voici un exemple d’une analyse que j’avais réalisée sur le Dax30 (indice allemand).

Sur cette plateforme les analyses sont montrées dans l’état de leur publication mais un bouton permet d’afficher l’évolution du prix après et donc de voir si l’analyse était bonne.

Bouton

 

 

 

 

 

Ensuite vous pouvez aussi voir le graphique vous-même grâce à cette petite manipulation. Cliquez d’abord sur le logo ‘share’ puis cliquez sur ‘make it mine’ pour ouvrir le graphique avec l’analyse toute faite. Ainsi vous pourrez voir comment les projections ont été tracées. Vous remarquerez qu’en traçant plusieurs APP on peut obtenir des clusters (leçon suivante) qui ont plus de poids que des niveaux seuls.

 

 

Le nombre d’or n’est pas le Saint-Graal !

Les fibos servent avant tout à calculer des retracements et des extensions à partir d’une amplitude ! Il n’y a pas de magie et vous ne trouverez pas le ratio qui marche à tous les coups. De plus ils restent bien moins regardés que les S/R et les chiffres ronds donc il n’y a pas spécialement un flux de prophétie auto-réalisatrice dessus.

 

Clusters

Les clusters (grappe en francais) sont des regroupements de niveaux, par exemple un fibo, un S/R et un chiffre rond. Plus il y a de niveaux regroupés plus il y aura de flux  autour de ces niveaux, et donc il est plus probable de remarquer un retournement ou en tout cas un ralentissement avant que les niveaux soient cassés.

 

Ci-dessus le cluster est composé d’une résistance, d’une APP et du chiffre rond 50.

 

Ci-dessus le cluster est composé d’un support, d’une APP et du chiffre rond 30.

 

 

 

Zones ou Niveaux ?

Vous avez surement remarqué que sur les exemples du cours précédent les S/R sont représentés par des zones. Je me répète souvent en disant que les marchés ne sont pas régis par une science dure mais par la psychologie d’un grand nombre d’opérateurs ayant des visions différentes. En approchant des niveaux clés, les opérateurs ne réagissent pas tous de la même façon.

A l’approche d’un support certains vont acheter le niveau exact, d’autres achèteront un peu au dessus ou en dessous pour x raisons. D’autres vont vendre des que le niveau sera très légèrement cassé ce qui poussera le prix vers le bas avant de remonter. Les market makers quant à eux peuvent chasser des ordres stops, ainsi tant qu’aucun gros flux n’arrivera sur le marché les prix vont tourner autour du support.

Ne cherchez pas de niveaux précis dans l’espoir d’acheter le point bas ou de vendre le point haut car ça n’arrivera pas souvent dans votre carrière. Recherchez simplement les zones de prix dans lesquels le prix pourrait réagir. Enfin comme d’habitude les niveaux clés ne suffisent pas pour gagner sur les marchés, ce n’est qu’un outil à ajouter à son arsenal (voir la leçon ‘Convergence de signaux’ du cours sur les chandeliers).

Les niveaux clés peuvent à la fois servir à repérer des zones intéressantes à trader mais également à définir des objectifs de prise de bénéfice.

 

 

Les figures de continuation

 

Psychologie

Les marchés n’évoluent pas de ligne droite. Dans une tendance il y a des impulsions et des corrections qui forment parfois des figures qui sont présentées dans les lecons suivants.

Les corrections s’expliquent par des prises de bénéfices d’une part et par des pauses attentistes d’autre part.

  • Prise de bénéfices : les opérateurs clôturent leurs positions en gain, ce qui crée un ralentissement des prix, menant à une corrections.
  • Attentisme : la correction perdure tant que ni acheteurs ni vendeurs ne reprennent la main.

 

Drapeau

 

 

Le drapeau est caractérisé par une faible correction des prix et la formation d’une oblique qui, une fois cassée, mènera a une continuation de la tendance.

 

 

Triangle

 

Triangle ascendant

Triangle descendant

Triangle symétrique

 

 

 

Dérive latérale (range)

 

 

Pullback simple

 

 

 

Un pullback simple est simplement une correction qui n’est pas caractérisée par un pattern en particulier. Les prix corrigent un peu et repartent aussitôt en tendance sans s’éterniser.

 

 

Les figures de retournement

 

Double et triple appui

Double bottom

 

Double top

 

Les deux derniers sommets ou creux de la tendance s’alignent au même niveau, la tendance s’essouffle puisque les acheteurs (vendeurs) ne parviennent pas à former de nouveaux plus hauts (plus bas). On dit que la tendance perd en momentum. La ligne bleue, appelée ligne de cou, sert de point de confirmation du retournement de tendance. Les plus prudents attendront une cassure franche et un retour (pullback) sur cette ligne de cou pour se positionner.

On associe généralement à ce pattern la projection d’objectifs correspondant à la hauteur x1 et x2 du double appui reportée au-delà de la ligne de cou.

 

 

Voyez dans cet exemple que les points bas ne sont pas parfaitement alignés. Cependant la perte de momentum est claire comparée aux précédentes baisses. De plus les bougies du deuxième bottom indiquent clairement une forte indécision. La cassure de la neckline est très puissante, s’en suit un petit pullback avant de partir dans une belle tendance haussière.

 

Épaule-tête-épaule

L’épaule-tête-épaule (head and shoulders), abrégée ETE (H&S), s’associe parfaitement à la théorie de Dow puisqu’elle marque l’impossibilité de faire un nouveau plus haut (plus bas) et se confirme par la cassure du précédent creux (sommet). On parle d’ETEi (inversée) lorsqu’elle se forme en bas d’une tendance baissière.

 

 

Deux objectifs théoriques peuvent être projetés à partir de la taille de la l’épaule et celle de la tête. Notons que la ligne de coup n’est pas forcément horizontale, mais elle ne doit pas être trop pentue.

 

 

 

Biseau

 

Le biseau est marqué par un essoufflement progressif du momentum avec des vagues haussières et baissières de plus en plus courtes et soutenues par des trendlines. On parle de biseau ascendant dans une tendance haussière et de biseau descendant dans une tendance baissière.

 

 

 

Vous en savez dès à présent assez pour mener une analyse de qualité, alors mettez ce que vous venez d’apprendre en pratique !

Dites-nous ce que vous avez pensé de cet article dans les commentaires. 

Si vous pensez qu’il pourra aider d’autres personnes, n’hésitez pas à le partager !

 

Coco

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