Marchés financiers => les produits négociables

Marchés financiers => les produits négociables

Quels actifs financiers peut-on trader ? Que sont les produits dérivés ? Qu’est-ce qu’un marché centralisé ? Les réponses sont dans cet article.

 

Introduction

 

Cash et dérivés

Un trader peut parier sur le prix des actifs financiers en négociant deux types de produits : le produit cash et les produits dérivés.

 

Le cash

On parle également de prix au comptant (spot), il s’agit du vrai produit. Le prix spot est donc leur vraie valeur à un instant t. Quand vous achetez une action en bourse, vous achetez un actif qui a une utilité et une existence (bien que non physique) dans la société. Il en est de même lorsque vous achetez des métaux précieux ou quand vous échangez vos euros contre une autre monnaie. D’autre part, lorsque vous achetez au comptant vous êtes livré immédiatement, l’action vous appartient dès l’achat.

 

Les produits dérivés

Comme leur nom l’indique, ils sont dérivés des produits cash (qu’on nomme alors actif sous-jacent). Généralement leur prix est calculé lors de leur création en fonction du prix spot, mais varie ensuite en fonction de l’offre et la demande, indépendamment du prix du produit cash. Il y a cependant des exceptions. Les dérivés émis par les banques ou les courtiers sont parfois continuellement calculés ou encore continuellement déterminés par l’émetteur.

Contrairement aux produits cash, les dérivés n’ont pas d’utilité économique et ils existent sous forme de contrat entre un acheteur et un vendeur. Ils peuvent donc apparaître et disparaître à tout moment. De plus, ces produits proposent une livraison différée et conditionnelle de l’actif sous-jacent.

Etant donné que l’on peut attribuer beaucoup de caractéristiques différentes aux produits dérivés, on peut théoriquement en créer une infinité.

 

Centralisé et OTC

Un actif financier s’échange sur un marché qui peut être soit centralisé, soit décentralisé. On parle de marché OTC, pour over the counter, ou de gré à gré en français, lorsqu’il est décentralisé.

Sur un marché centralisé, tous les ordres d’achat et de vente sont centralisés dans un carnet d’ordre qui permet de confronter l’offre et la demande et d’établir le prix d’équilibre et donc la variation des prix. Cela permet par ailleurs de garder l’anonymat.

Sur un marché OTC, les deux contreparties se mettent d’accord sur un prix. Les actifs financiers les moins liquides (les moins échangés) sont généralement uniquement négociables sur un marché OTC. C’est le cas par exemple des obligations et des produits dérivés exotiques.

 

Spread

Sur un marché il y a des acheteurs et des vendeurs qui souhaitent échanger pour des volumes et des prix différents. Sur un marché centralisé, ces quantités demandées ou offertes par niveau de prix sont généralement communiqués sur un carnet d’ordre (order book). C’est ce qu’on appelle la profondeur de marché (depth of market).

D’autres opérateurs entrent au marché pour le meilleur prix disponible dans ce carnet d’ordre. Si je souhaite acheter 50 actions à tout prix, je serai exécuté en fonction de la liquidité disponible. Donc si un vendeur propose de céder 30 actions à partir de 32€ et un autre en vend 20 à partir de 33€, j’achèterai 50 actions à des prix différents (32 et 33). Le dernier prix d’échange est passé a 33€, j’aurai fait monter le prix de l’action.

A un instant t, il y a un meilleur prix d’achat (ask) et un meilleur prix de vente (bid) disponibles sur le marché. La différence entre les deux (ask-bid) est appelée le spread. On dit qu’on paye le spread car si à un instant t je veux acheter puis tout de suite revendre un actif, je revendrai à un prix inférieur que le prix d’achat. En échange du spread, l’opérateur est sur d’être exécuté.

Sur certains marchés (actions, futures, options) il est possible de se placer dans la profondeur de marché et ainsi proposer des prix d’achat et de vente pour une quantité choisie. L’avantage est de ne pas payer de spread en rentrant sur le marché, l’inconvénient c’est que notre prix proposé doit trouver contrepartie, et ce, pour la quantité demandée.

 

 

Le cash : marché des valeurs

 

Actions

Les actions (stocks) sont des parts d’entreprise vendues par les possesseurs en vue de lever des fonds qui permettront à l’entreprise de financer ses activités et donc sa croissance. Elles peuvent être vendues a de gros investisseurs dans un premier temps mais lorsque l’entreprise a besoin de plus de fonds, elle procédera à une introduction en bourse (IPO : initial price offering). Ainsi le grand publique pourra acheter des parts et devenir actionnaire. Ce premier marché du neuf est appelé le marché primaire. Le nombre d’actions existantes multiplié par la valeur d’une action donne la capitalisation boursière.

Ces actions pourront ensuite être échangées entre différents investisseurs sur le marché de l’occasion, le marché secondaire. Ce dernier est généralement centralisé dans une bourse qui a pour mission de réguler les échanges et de coter continuellement les prix, les centraliser. Acheter une action sur le marché secondaire, autrement dit trader, n’a pas vraiment d’utilité pour l’économie réelle, mais les échanges sont importants pour permettre à des actionnaires de se revendre leurs actions et aux nouveaux investisseurs d’acheter des actions.

Posséder des actions signifie être associé a la possession de celle-ci. D’ailleurs la ou les quelques personnes qui possédaient l’entreprise avant de lever des fonds deviennent aussi actionnaires. Comme ils gardent souvent une grande partie des parts de l’entreprise on les qualifie d’actionnaires majoritaires. Etre associé confère un droit de vote proportionnel au nombre de parts possédées et permet ainsi d’assister aux assemblées générales de l’entreprise et de voter les décisions majeures.

Les actions donnent aussi le droit aux bénéfices qui peuvent être reversés sous forme de dividendes (du cash) aux actionnaires ou réinvestis dans le développement de l’entreprise. Ce réinvestissement ne représente pas une perte pour l’actionnaire car les dividendes ne sont pas des gains mais des détachements en cash de la capitalisation boursière. Prenons un exemple : vous possédez 1 action XYZ qui cote 50€. L’entreprise décide de verser 5€ de dividendes par action aux actionnaires. Vous touchez donc 5€ mais le prix de l’action devient 45€ puisque cette somme versée est soustraite de la capitalisation de l’entreprise et donc de l’action. Les dividendes sont appréciés car le cash est dans votre poche, cependant une entreprise qui réinvestit ses bénéfices à logiquement de meilleures chances de croître.

Certaines actions peuvent aussi être vendues à découvert (VAD ou short). Cela signifie que l’on vend une action que nous ne possédons pas dans le but de la racheter plus tard, de préférence à un prix inférieur afin de réaliser une plus-value. Bien que cela sort de l’éthique, intégrer ce procédé sur un marché de valeur comme une action a pour but premier d’augmenter la liquidité (le nombre d’échanges) et ainsi permettre aux investisseurs éthiques d’obtenir des prix plus intéressants. En effet, pour acheter une action il faut que quelqu’un en face revende une des siennes. Les VAD permettent d’augmenter le nombre de vendeurs.

 

OPCVM et ETF

Les Organismes de Placement Commun en Valeurs Mobilières et les Exchange Traded Funds (ou trackers) sont des portefeuilles de valeurs mobilières gérés par des professionnels. Ils peuvent être actifs (en vue de surperformer un marché de référence) ou passifs (pour répliquer la performance d’un marché). Ils s’échangent comme les autres valeurs mobilières.

 

Obligations

La deuxième façon pour une entreprise de lever des fonds est d’émettre de la dette (s’endetter). Pour cela elle peut publiquement émettre de la dette sous forme d’obligations (bonds) qui sont des titres financiers tout comme les actions. Les obligations sont échangées sur un marché OTC car il y a très peu d’échanges sur le marché secondaire (après émission). En effet, acheter une obligation est de base un investissement à moyen-long terme. Pour parier sur l’évolution du prix d’une obligation, il faut donc passer par des produits dérivés comme les futures et les options.

Les obligations peuvent être émises par un état (appelées obligations souveraines ou bons du trésor) ou par une entreprise (obligations corporate). Quand un investisseur achète une obligation, il prête en fait son argent à l’entreprise ou l’état qui pourra en faire ce qu’il / elle veut pour un certain temps défini à l’avance. Cette période de vie de l’obligation est appelée maturité. L’investisseur touchera en contrepartie des intérêts (coupons) qui peuvent être versés de différentes manières selon les cas. Dans la plupart des cas, le remboursement d’effectue in fine c’est a dire que la somme due sera remboursée à l’échéance de la dette tandis que seuls les coupons seront versés chaque année.

 

Forex

Le forex, pour foreign exhange (marché des changes), est le marché sur lequel on échange des devises contre d’autres. C’est un marché par nature décentralisé puisque la monnaie est créée par les banques et c’est auprès de celles-ci qu’on procède aux échanges de devises.

Aujourd’hui le forex est très populaire auprès des traders particuliers et les courtiers le propose quasiment tous à leurs clients. Ces courtiers les propose alors soit sous forme de CFDs, de futures ou de forwards (produits dérivés expliqués plus loin dans le cours) mais aussi sous forme de marché ‘interbancaire’. Ce dernier désigne en fait un marché sur lequel des banques proposent des prix à l’achat et à la vente, les courtiers présentent cette solution en parlant de NDD (no dealing desk), ce qui signifie que le courtier ne s’incruste pas sur le marché, il ne joue que son rôle d’intermédiaire en échange d’une commission (pas de conflits d’intérêts). Ce procédé permet en réalité de faire la distinction avec les CFDs sur forex qui sont souvent gérés par le courtier.

Le forex se trade par paire puisqu’on échange une monnaie contre une autre. Ainsi la paire EURUSD (se lit euro-dollar américain) représente la valeur en dollars d’un euro. Dans cet exemple, l’EUR est la devise de base tandis que l’USD est la devise de contrepartie. Avoir une position sur une paire implique que l’on en achète une et qu’on en vende une autre. Ainsi il est possible de prendre une position longue (long : achat) comme courte (short : vente) sur n’importe quelle paire.

Comme détenir une position de trading n’est pas exactement la même chose que d’échanger vos euros à la banque contre une autre devise, acheter de l’EURUSD revient à détenir des euros et emprunter des dollars. Ainsi nous touchons un intérêt pour la détention d’euros et nous payons un intérêt pour l’emprunt de dollars. Si le taux d’intérêt de l’euro est supérieur à celui du dollar, nous touchons donc un intérêt positif. Cette différence (appelée swap) de taux est créditée ou débitée de notre compte de trading tous les soirs. Toutefois, les courtiers prennent une commission dessus (le markup). Les swap sont disponibles sur les sites des courtiers et parfois sur les plateformes de trading directement. Il est intéressant d’en prendre connaissance avant de trader une paire.

 

Cryptomonnaies

Les cryptomonnaies (cryptocurrencies) sont des monnaies totalement décentralisées et dématérialisées qui intègrent l’utilisateur directement dans le processus de création monétaire (minage). Ces valeurs récemment apparues sont déjà négociables sur de nombreuses petites bourses. Elles sont très volatiles et incertaines étant donné leur rejet de la part des gouvernements, rejet qui les destitue d’utilité économique forte.

Ces monnaies permettent de payer anonymement dans le monde et d’avoir une sécurité renforcée des données des utilisateurs. Elles sont aussi utilisées pour remplacer les introductions en bourse IPO qui imposent aux entreprises des contraintes décourageantes par des ICO (initial coin offering) qui sont menées par de nombreuses startup au potentiel énorme. Toutefois, le manque de régulation incite énormément les arnaqueurs à entreprendre des ICO.

Il est possible de trader les cryptomonnaies contre du fiat (monnaies bancaires) ou d’autres cryptomonnaies, sur des crypto exchanges qui centralisent plus ou moins bien les échanges, via CFDs et futures.

 

Matières premières et métaux précieux

Acheter une matière première ou un métal pur auprès d’un producteur demande effectivement un certain temps de livraison, mais comme celui-ci est nécessaire et non négocié, on parle toujours de transaction au comptant.

Il s’agit ici de produits comme le blé, le sucre, le maïs, la viande, le pétrole, le gaz naturel, l’or, l’argent, le cuivre, etc. Pour le trader il n’y a pas d’intérêt à trader le spot puisqu’il ne souhaite pas recevoir 3 tonnes de bétail dans son jardin pour ensuite les revendre au porte à porte. Le trader va donc travailler sur des produits dérivés tout en veillant, si le produit spécifie une livraison physique future, de clôturer ses trades avant la date qui enclenchera la livraison (c’est déjà arrivé à des traders d’oublier et de se faire livrer, même à des professionnels).

 

 

Produits dérivés

 

Futures et Forwards

Les futures et les forwards (contrats à terme en français), comme l’indique leur nom, sont des contrats permettant d’acheter ou de vendre un actif sous-jacent (cash) à un prix et une date définis lors de la création du contrat (de la transaction, il n’y a rien à signer). Le prix du contrat diffère plus ou moins de celui du sous-jacent mais tend vers celui-ci à mesure qu’on se rapproche de la date d’échéance (ou expiration).

Ce qui différencie les futures des forwards c’est d’abord le marché. Un contrat future est centralisé dans une bourse alors qu’un forward est échangé de gré à gré (OTC), généralement émis par une banque. De plus les forwards ont des caractéristiques (livraison, quantité de produit sous-jacent…) négociables tandis que les futures sont standardisés, ce qui est nécessaire pour les centraliser. Les positions sur futures peuvent être dénouées n’importe quand, ce qui plait aux traders, alors que les positions sur forwards s’adressent plutôt à des commerçants qui seront livrés ou livreront à terme. Enfin les forwards présentent plus souvent un risque de crédit, c’est à dire le risque de perdre la somme payée dans le cas ou la contrepartie ferait défaut. Au contraire les marchés centralisés réduisent ce risque grâce à des chambres de compensation (clearing house) qui acceptent de prendre le risque en échange d’une petite commission. Notons que ces chambres sont de plus en plus courantes sur les marchés OTC depuis 2008.

Les contrats à terme ont pour utilité d’offrir aux producteurs, investisseurs, importateurs, etc. la possibilité de se couvrir des risques de fluctuation des prix des produits cash. Evidemment les futures sont vite devenus les nouveaux joujous des spéculateurs, il est d’ailleurs rare qu’un contrat future soit tenu ouvert jusqu’à livraison. Pour toutes les raisons citées ci-dessus, ce sont les futures qui nous intéressent particulièrement en tant que trader.

 

Spéculation sur futures

Puisqu’un contrat future est créé lorsqu’un acheteur et un vendeur se rencontrent, il est évident que nous pouvons aussi bien prendre des positions longues que des positions courtes. L’acheteur (long) s’engage à acheter une certaine quantité du sous-jacent à un prix spécifié si la position est tenue ouverte jusqu’à la date d’échéance. Le vendeur s’engage à vendre et livrer le sous-jacent selon les même conditions. L’avantage premier d’opérer sur futures est de pouvoir trader certains produits que l’on ne peut trader facilement en cash (indices, matières premières, obligations, taux d’intérêt,…). Le second avantage est d’avoir un marché centralisé et réglementé pour le forex par exemple.

 

Exemples d’opérations de couverture (hedging)

Vous souhaitez acheter un baril de pétrole dans 3 mois mais vous craignez que d’ici-là le prix spot n’augmente. Vous pouvez alors acheter un contrat à terme sur le pétrole à échéance 3 mois pour un prix proche du prix spot actuel. Ainsi vous achèterez le sous-jacent tout en effectuant une plus-value si le prix du pétrole monte effectivement. Cependant il y a un risque de perte dans le cas ou le prix venait a baisser, puisque vous auriez pu acheter le pétrole moins cher si vous n’aviez pas acheté le contrat à terme.

Vous allez achetez des marchandises provenant d’un pays étranger dans 6 mois. Il vous faudra payer dans leur devise (disons le dollar) mais vous craignez que l’euro perde de la valeur face au dollar, ce qui vous ferait alors payer plus cher. Vous pouvez vendre des euros et acheter des dollars (vendre l’EURUSD) pour vous couvrir contre cette éventuelle dévaluation. Vous pouvez vous couvrir sur d’autres supports forex (CFDs, votre banque…) mais le marché future a cet avantage d’être plus sécurisé et centralisé que les autres.

 

CFDs

Les CFDs (contract for difference) sont des produits dérivés émis par des courtiers ou des banques, visant à répliquer les prix d’un actif sous-jacent. Cet actif sous-jacent peut être un produit cash mais également un dérivé tel qu’un contrat à terme. Les CFDs répliquent presque à l’identique les prix du sous-jacent mais il y a des variations puisque dans la plupart des cas c’est l’émetteur qui définit le spread et l’exécution et généralement il n’est pas possible de proposer des prix dans la profondeur du marché pour éviter le spread. Cette gestion du courtier crée des conflits d’intérêt mais les CFDs ont des avantages qui attirent du monde  :

Quand le CFD réplique un contrat à terme il n’y a pas de livraison. A la date d’expiration les positions sont simplement clôturées.

Les CFDs proposent des leviers souvent plus élevés que leurs sous-jacent (les leviers seront abaissés en juillet 2018).

Les tailles de contrat sont souvent beaucoup plus faibles que les sous-jacent. Par exemple, un future sur indice peut coûter par contrat 5 a 50 fois la valeur de l’indice alors que sur CFD il est possible de parier sur un indice en investissant 10 fois moins que le prix de l’indice.

Certains courtiers offrent la possibilité d’investir sur actions avec les même conditions d’exécution et les même prix que sur le vrai marché action. On parle de DMA (direct market access). Le trader ne possede alors pas l’action, il n’est pas actionnaire mais trouve plusieurs avantages : un levier plus important, des frais parfois moins élevés (ça dépend des volumes) et il ne paie pas de taxe sur les transactions financières.

Ainsi les CFDs sont plus adaptés pour des petits capitaux. Si vous êtes bien capitalisé cependant, il est préférable de trader sur un marché réglementé comme les actions ou les futures.

 

Options et warrants

Les options

Une option est un produit dérivé qui donne des directives différentes aux deux contreparties. Les options vanilles sont centralisées et standardisées, on parle d’option exotique le cas échéant.

L’acheteur d’une option a le droit et non l’obligation d’acheter ou de vendre le sous-jacent (d’exercer l’option) à la date d’échéance (option dite à l’européenne) ou à tout moment jusqu’à la date d’échéance (à l’américaine) à un prix défini à l’avance (strike ou prix d’exercice) en contrepartie du versement d’une prime (premium).

Le vendeur d’option a l’obligation de vendre ou d’acheter le sous-jacent si l’acheteur décide d’exercer son droit. Le vendeur touche une prime en contrepartie.

Une option d’achat est appelée un call, une option de vente est un put. La prime est le prix de l’option et varie en fonction de l’offre et de la demande. Il est donc possible de parier sur les variations de prix de l’option en plus des variations du sous-jacent.

L’acheteur d’un call a une perte limitée à la prime qu’il paie pour un gain potentiellement illimité. L’acheteur d’un put a une perte limitée à la prime payée pour un gain limité au prix du sous-jacent. Le vendeur d’un call gagne la prime au maximum et encours un risque illimité. Le vendeur de put touche au maximum la prime et peut perdre la valeur du sous-jacent.

Cela ressemble fortement à une assurance puisque l’acheteur d’une option peut se couvrir contre les variations de prix du sous-jacent en échange d’une prime. Evidemment les options sont aussi appréciées des spéculateurs. Elles permettent de mettre en place une multitude de stratégies basées sur le prix du sous-jacent et celui de l’option. Elles permettent de plus de faire des montages (arbitrages) d’options avec d’autre options et/ou du sous-jacent pour parier sur la variation d’autres valeurs que le prix lui-même, tel que la volatilité ou le temps. Enfin les positions peuvent être gérées dynamiquement, ce qui rend les options attrayantes pour les vendeurs d’options malgré le risque potentiellement illimité.

 

Les warrants

Un warrant est simplement une option émise par une banque.

On dit que le vendeur d’option l’écrit car c’est lui qui décide du strike, de l’échéance et de la prime. Sur un marché comme les options, régulé par l’offre et la demande de tous les traders, les vendeurs d’options ne peuvent écrire n’importe quoi car ils sont en concurrence avec d’autres vendeurs qui écriront des prix plus justes. Le problème avec les warrants c’est que seule la banque peut écrire les options (les vendre). Ainsi le client ne peut qu’en acheter.

Il faut comprendre que les futures et les options par exemple sont des jeux à somme nulle car un contrat est créé quand deux contreparties se mettent d’accord, puis ce contrat peut disparaître. Ainsi pour chaque gagnant il y a un perdant, et donc pour les warrants la banque joue contre vous.

Si vous trouviez un moyen de gagner à coup sûr à long terme comme un casino, le feriez-vous ? Bien sur, et c’est que font les banques avec les warrants. Ces warrants ont des cousins options avec des caractéristiques similaires. Les banques choisissent les primes pour lesquelles elles vendent leurs warrants et peuvent se couvrir en achetant une option similaire. Ainsi en proposant des primes un peu plus élevées que sur options elles peuvent se couvrir et récupérer la différence entre la prime qu’elle vous fait payer et celle qu’elle paie.

Oui il y a conflit d’intérêt, mais dites vous qu’elles ne le font pas systématiquement, car si un de ses clients perd régulièrement, pourquoi irait-elle se couvrir si elle peut gagner la perte du client ? Cela ne veut pas dire qu’on ne peut gagner sur les warrants mais sachez que si vous gagnez sur warrants, vous ferez un malheur sur les options car vous perdrez moins en primes payées.

Notez que les procédés qui viennent d’être développées concernant les manœuvres des banques s’appliquent parfaitement aux CFDs.

 

Autres produits dérivés

Il existe une multitude d’autres actifs dérivés, la limite n’est que l’imagination des investisseurs.

Les autres dérivés connus sont les turbos, les certificats, les trackers , les swaps et les obligations assorties d’options. Les moins connus, car moins traités, sont appelés produits structurés et sont vendus par les banques au cas par cas, il est même possible de demander un produit sur mesure a votre banque, mais évidemment c’est elle qui fixe le prix puisqu’elle doit le créer, le titriser et prendre la contrepartie (évidemment elle essaiera de se couvrir de manière optimale). Malgré leur nom barbare, les structurés sont des dérivés, et il ne serait pas impossible d’en voir être centralisés et renommés produits dérivés dans le futur.

 

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Coco

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